AfCFTA: le nouveau marché commun

La nouvelle année a commencé par des nouvelles positives pour le continent africain malgré les conséquences économiques dévastatrices de la Covid-19. Le 1er janvier, le continent avait des motifs de célébration parce que l’accord de libre-échange continental est entré en vigueur. Chance ou pas, c’est le même jour que l’Europe a déploré la sortie du Royaume-Uni du marché commun.

L’AfCFTA vise à établir la plus grande zone de libre-échange avec un marché de plus de 1,2 milliard de personnes, représentant un PIB de 1,4 billion de dollars. À l’exception de l’Érythrée, ce traité a été estampillé par les 54 pays du continent, ratifié par toutes les nations et groupes économiques, y compris la CEDEAO « Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest » et la CAE « Communauté d’Afrique de l’Est ».

Tout n’est pas que lumière dans ce nouveau traité, l’intégration économique doit s’adapter aux différences entre les pays et parfois au sein d’un même pays, éliminant au passage les droits de douane pour le commerce intérieur (90%), mais les bannières, les lois et les quotas de chaque pays restent à clarifier. En outre, la question des transports est un défi majeur pour ce traité, car 80% du commerce a lieu sur les routes. Le Maroc et l’Afrique du Sud ont des infrastructures terrestres et portuaires de classe mondiale, mais les autres pays ont un long chemin à parcourir.

La joie intérieure apportée par ce nouveau traité contraste avec le désintérêt des Européens pour ce nouveau marché. Ayant tous les pays africains qui souhaitent travailler ensemble, il devrait- être d’une grande utilité pour l’Europe, il pourrait même devenir un partenaire essentiel. Pour y parvenir, l’Europe doit s’ouvrir à des produits africains qui seraient cruciaux pour compenser l’influence chinoise. Le continent africain a besoin du savoir-faire de l’Union européenne pour l’accompagner dans cette nouvelle aventure. Parmi les Mandinga guinéens se trouve un proverbe qui dit : « Les empreintes de pas des gens qui marchaient ensemble ne sont jamais effacées. »

La zone continentale de libre-échange a terminé son premier mois d’exploitation et est considérée selon les experts comme la plus grande zone imparable au monde, cette zone naissante et puissante sera étroitement surveillée pour sa portée, sa taille et ses impacts potentiels sur le développement. Le marché européen commun a un grand concurrent mais peut également trouver dans l’AFCTA un nouveau partenaire.

Abderrahim Ouadrassi
Abderrahim Ouadrassi

Abderrahim Ouadrassi est président de la Fondation EuroAfrica et fondateur d'AbdeCoach, où il accompagne des dirigeants en tant que coach exécutif et partenaire de réflexion stratégique. Son parcours associe développement international, leadership, formation institutionnelle et coopération entre l'Europe et l'Afrique, avec une attention particulière portée aux relations entre l'Espagne et le Maroc. Entre Majorque et Tanger, il développe des initiatives de diplomatie culturelle, de dialogue interculturel et de mise en relation entre dirigeants, entreprises et institutions. Il écrit sur la géopolitique, le leadership, la transformation et les relations entre les deux rives de la Méditerranée. Il est également fondateur de la chaîne hôtelière SAIFHOTELS et de la société immobilière RELASTATIA au Maroc, et collaborateur hebdomadaire du journal des Baléares Última Hora sur les questions d'internationalisation et d'actualité économique.

Articles: 297